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    Le terme français « Khmers rouges », fut inventé par le prince Norodom Sihanouk à la fin des années 1950 pour décrire les Cambodgiens qui étaient attirés par la politique communiste1. Bien que les communistes n'aient jamais utilisé ce terme eux-mêmes, le nom est resté2.

    La montée du Parti communiste du Kampuchéa (PCK)

    Le parti communiste indochinois (PCI) est fondé par Hô Chi Minh. Le parti se base sur le mouvement communiste international et est initialement dominé par des membres Vietnamiens. Plus tard, des Cambodgiens et Laotiens viendront s’ajouter au rang des membres.

    Le PCI souligne l’importance pour les trois peuples de faire front commun s’ils veulent renverser les autorités coloniales françaises en Indochine3.

    En Europe, la France est vaincue pendant la deuxième guerre mondiale et voit son influence en Indochine s’affaiblir de manière considérable.

    Les forces japonaises renversent brièvement le contrôle français.

    Le jeune roi Norodom Sihanouk déclare l’indépendance du Royaume du Kampuchéa, mais le pays est bientôt réintégré en tant que protectorat français après la capitulation japonaise aux forces alliées.

    Les mouvements de résistance au Vietnam et au Laos proclament l’indépendance de leurs pays vis-à-vis de la France.

    Au mois de décembre, la guerre éclate au Vietnam entre les forces communistes indépendantistes («Viet-Minh ») et la France.

    Ce conflit étend la guérilla contre l’administration française aux Cambodge et Laos, pays avoisinants.

    Le 17 avril 1950, exactement 25 ans avant la marche des Khmers rouges sur Phnom Penh, des unités de la résistance khmère se mobilisent aux côtés des forces Viêt-Minh pour former un « Front uni Issarak ». Le front est dirigé par l’homme politique communiste cambodgien Son Ngoc Minh mais reste dominé par le personnel du Viêt-Minh4.

    Le PCI se réorganise et établit des branches nationales au Cambodge, au Vietnam et au Laos.

    Le parti cambodgien est baptisé le « Parti révolutionnaire du peuple khmer (PRPK) ». Il conserve de nombreux éléments de l’ancien PCI5.

    La prolongation de l’administration française et l’insurgence Issarak dans les campagnes alimentent les appels à l’indépendance du Cambodge vis-à-vis de l’influence étrangère. Le roi Norodom Sihanouk mène avec succès sa « croisade royale pour l’indépendance » qui aboutit au transfert réussi de l’autorité coloniale à la fin de 19536.

    Les accords de Genève sont signés, mettant officiellement fin aux hostilités dans toute la région.

    Les unités d’Issarak, y compris les soldats du Viêt Minh, sont contraintes de se retirer du territoire cambodgien. Les dirigeants du PRPK se retirent au Vietnam, ce qui entraîne presque la dissolution du parti. Néanmoins, certains membres du PRPK restent au Cambodge, aigris par le refus des communistes vietnamiens et des grandes puissances de négocier un rôle pour eux au Cambodge7.

    Le PRPK fonde sa branche politique, le Krom Pracheachon (Groupe du peuple), pour servir de visage public au mouvement révolutionnaire au Cambodge. Les membres de Krom Pracheachon sont appelés les « Khmers rouges ».

    Ils sont battus aux élections nationales par le Sangkum Reastr Niyum (Communauté socialiste populaire) et font l’objet d’un harcèlement policier et militaire.

    En coulisses, le PRPK se réorganise autour d’un comité central de cinq personnes, soutenu par Saloth Sâr (Pol Pot) et Nuon Chea8.

    1960

    Le premier congrès du mouvement communiste cambodgien se réunit secrètement à Phnom Penh en septembre 1960.

    Ses membres décident de rebaptiser le PRPK « Parti des travailleurs du Kampuchéa ». Ils décident de poursuivre une politique d’indépendance, de souveraineté, d’autosuffisance et de recourir à la violence armée pour renverser leurs ennemis9.

    Parti des travailleurs
    du Kampuchéa
    après le premier Congrès du PCK.

    Comité permanent

    TOU Samouth

    Secrétaire

    NUON Chea

    Secrétaire adjoint

    Pol Pot

    Membre

    Ieng Sary

    Son Sen

    Sao Phim

    Comité central

    Keo Meas

    Membre

    Ieng Sary

    Membre

    Son Sen

    Membre

    HIÉRARCHIE

    Le deuxième congrès du parti nomme Saloth Sâr (Pol Pot) secrétaire et Nuon Chea secrétaire adjoint en février 1963.

    Les anciens dirigeants du mouvement sont partis à l’étranger, ont fait acte de défection ou ont disparu10. Pol Pot reste le chef des communistes cambodgiens jusqu’à peu de temps avant sa mort en 1998, tandis que Nuon Chea sert de second jusqu’à l’effondrement du mouvement en 1999.

    Parti communiste
    du Kampuchéa (PCK)
    après le deuxième Congrès du PCK

    Comité permanent

    Pol Pot

    Secrétaire

    NUON Chea

    Secrétaire adjoint

    Sao Phim

    Membre

    Ieng Sary

    Membre

    Son Sen

    Membre

    Ta Mok

    Membre

    Vorn Vet

    Membre

    Comité central

    Keo Meas

    Membre

    Ruos Nhim

    Membre

    Ney Sarann

    Membre

    Khieu Samphan

    Membre

    Chhim Sam Aok

    Membre

    Ek Sophon

    Membre

    Koy Thuon

    Membre

    Chou Chet

    Membre

    Ke Pauk

    Membre

    HIÉRARCHIE

    Le Parti se rebaptise « Parti communiste du Kampuchéa » (PCK).

    Il se prépare à la lutte armée pour réaliser le socialisme au Cambodge, en réponse aux attaques incessantes contre la gauche politique. Pendant onze ans, ni le nom ni l’existence du parti ne sont rendus publics11.

    Les années de la guérilla

    Le PCK profite des soulèvements populaires de Samlaut et de Bay Damram (Battambang) pour marquer le début de la lutte armée du Parti et la création de l’Armée révolutionnaire du Kampuchéa (ARK). Le mouvement prend de l’ampleur12.

    Les campagnes de bombardement de l’armée américaine contre les communistes vietnamiens poussent la guérilla Viêt-Minh à pénétrer plus loin en territoire cambodgien13.

    ARMÉE NORD-VIETNAMIENNE

    KHMERS ROUGES

    RÉPUBLIQUE KHMÈRE

    Références cartographiques : Livre de Craig Etcheson, « The Rise and Demise of Democratic Kampuchea » (E3/29), p.104 (version originale anglaise).

    La présence de plus de 20 000 soldats vietnamiens au Cambodge suscite le mécontentement de la population14.

    OCCUPATION DU CAMBODGE PAR LES KHMERS ROUGES

    MARS

    Le Premier ministre Lon Nol renverse l’administration de Norodom Sihanouk par un coup d’État, mettant ainsi fin à l’ère du Sangkum Reastr Niyum et entraînant l’établissement de la République khmère.

    La République khmère s’allie au régime sud-vietnamien soutenu par les États-Unis et exige le retrait de toutes les troupes communistes vietnamiennes (du Nord).

    Norodom Sihanouk fonde le Front national uni du Kampuchéa (« FUNK ») depuis l’étranger et s’aligne sur les gauchistes cambodgiens15.

    Mai

    En tant que principal mouvement de résistance au Cambodge, le PCK s’attaque à la nouvelle république sous la bannière du gouvernement en exil de Norodom Sihanouk16.

    Gouvernement royal d’union nationale du Kampuchéa (GRUNK)

    *Le Gouvernement royal d’union nationale du Kampuchéa (GRUNK) fut formé par NORODOM Sihanouk en 1970 en tant que gouvernement en exil. Le GRUNK consistait en une alliance entre NORODOM Sihanouk et des politiciens communistes dont la plupart appartenaient secrètement au PCK. Le PCK eut tôt fait de prendre le contrôle du GRUNK. Les noms des membres du GRUNK qui n’appartenaient pas au PCK sont ici accompagnés d’un astérisque

    NORODOM Sihanouk*

    Chef d'État

    PENN Nouth*

    Premier ministre

    KHIEU Samphan

    Vice-premier Ministre, Ministre de la défense nationale et Commandant en chef des FAPLNC

    SARIN Chhak

    Ministre des affaires étrangères

    HU Nim

    Ministre de l'Information et de la Propagande

    HOU Youn

    Ministre de l'intérieur, des réformes communales et des coopératives

    CHOU Chet

    Vice-ministre de la santé publique et des affaires religieuses et sociales

    KOY Thuon

    Vice-Ministre de l'Économie et des Finances

    IENG Thirith

    Vice-Mnistre de l'Éducation populaire et de la Jeunesse

    HIÉRARCHIE

    Le PCK mobilise ses forces dans tout le pays pour « libérer » des régions qui sont sous le contrôle de la République khmère ; il commence à fermer les marchés et à supprimer la monnaie dans ces régions, à déplacer de force la population des centres urbains et à la transférer dans des fermes collectives.

    Les Khmers rouges commencent à s’en prendre ouvertement à leurs ennemis, notamment aux personnes soupçonnées de soutenir la République khmère, aux paysans ordinaires et aux minorités17.

    JUIN

    Les forces du PCK occupent ou contrôlent près d’un cinquième du territoire cambodgien18. Au même moment, les communistes vietnamiens occupent de larges étendues du territoire cambodgien dans l’est du pays, y compris la majeure partie de Ratanakiri et Mondulkiri, des parties de Stung Treng, et des parties de Kampot et Kampong Cham à moins de 25 km de Phnom Penh19. À ce stade, les Khmers rouges ont commencé à mettre en œuvre la collectivisation. Dans le district de Tram Kak, par exemple, le PCK a organisé les villageois en groupes de « solidarité » pour récolter le riz et stimuler la production agricole20.

    ARMÉE NORD-VIETNAMIENNE

    KHMERS ROUGES

    RÉPUBLIQUE KHMÈRE

    Références cartographiques : Livre de Craig Etcheson, « The Rise and Demise of Democratic Kampuchea » (E3/29), p.105 (version originale anglaise).

    Le troisième congrès du parti se réunit en septembre 1971

    et décide que le Vietnam est à long terme « l’ennemi numéro un »

    du Kampuchéa, mais que le PCK n’est pas en mesure d’affronter directement la menace vietnamienne. Cette décision représente un changement politique majeur, car le comité central du PCK avait auparavant entretenu de bonnes relations avec les communistes vietnamiens, probablement en raison des assurances vietnamiennes qu’ils retireraient leurs forces des zones occupées par les Khmers rouges dès que les troupes vietnamiennes pourraient être remplacées par des Cambodgiens. Khieu Samphân est nommé au Comité central du PCK21.

    MAI

    Les forces khmères rouges, se battant sous la bannière des Forces armées populaires de libération du peuple cambodgien (« FAPLNK »), dépassent la République khmère en tant que force militaire dominante au Cambodge.

    Les marchés des zones contrôlées par les Khmers rouges sont fermés et la monnaie est abolie22.

    ARMÉE NORD-VIETNAMIENNE

    KHMERS ROUGES

    RÉPUBLIQUE KHMÈRE

    Références cartographiques : Livre de Craig Etcheson, « The Rise and Demise of Democratic Kampuchea » (E3/29), p.116 (version originale anglaise).

    JANVIER

    Les accords de paix de Paris écartent les États-Unis du conflit vietnamien et imposent le retrait des forces vietnamiennes du territoire cambodgien. Le Nord-Vietnam cesse d’approvisionner le PCK en matériel militaire, ce qui envenime les relations qui se détérioraient depuis plus d’une décennie23.

    MARS - AVRIL

    A la tête du Gouvernement royal d'union nationale du Kampuchéa (GRUNK), Norodom Sihanouk parcourt les « zones libérées » au Cambodge

    MAI - AOÛT

    Les forces militaires vietnamiennes ont été démobilisées au Cambodge et les derniers vestiges du commandement vietnamien sur les forces cambodgiennes se sont dissipés. Quelques soldats nord-vietnamiens restent pour surveiller le flux d’armes chinoises le long de la piste Hô Chi Minh24. Les Vietnamiens étant en grande partie éliminés, le PCK se concentre sur la défaite des derniers bastions de la République khmère25.

    Des années de bombardements américains ont causé la mort de dizaines de milliers de civils, détruit les récoltes et ruiné les infrastructures agricoles.

    Les forces du PCK profitent de la dévastation et de la crise humanitaire pour recruter des Cambodgiens mécontents à leur lutte armée contre la République khmère, soutenue par les États-Unis26.

    Sites bombardés

    Crédit cartographique : Programme d’études sur le génocide, Université de Yale

    Alors qu’ils déferlent sur le pays en 1973, les Khmers rouges vident les villes de Kratie, Banam et Kampong Cham de leurs populations civiles27.

    Les évictions urbaines se poursuivent, le PCK dispersant environ 15 000 à 20 000 personnes d’Oudong.

    MARS

    Les habitants sont réinstallés dans des coopératives rurales et sont contraints de pratiquer l’agriculture collective. L’année suivante, les populations de Prey Veng, Svay Rieng, Kampot et Kampong Thom sont réinstallées de force dans tout le pays28.

    DÉPLACEMENTS DE POPULATIONS

    ZONES ADMINISTRATIVES

    JUIN

    Le comité central du PCK se réunit pour élaborer les plans de l’assaut final, la « libération » et « l’évacuation » de Phnom Penh et d’autres centres urbains.

    L’assaut final sur Phnom Penh est planifié pour la saison sèche de 1974-197529. Les jours de la République khmère, qui n’a plus qu’une emprise précaire sur son territoire, sont comptés…

    JANVIER-AVRIL

    Les forces du PCK avancent sur Phnom Penh lors de leur dernier assaut sur la capitale30. Ils minent le Mékong en cours de route et attaquent au mortier et à la roquette les transports d’aide américaine vers les régions de la République khmère. Le PCK réclame à plusieurs reprises l’exécution des dirigeants de la République khmère. Khieu Samphân, vice-premier ministre du gouvernement royal en exil, se fait publiquement l’écho de ces appels31.

    1-16 AVRIL

    Début avril, les principaux dirigeants du PCK, dont Pol Pot, Khieu Samphân, Nuon Chea, Ieng Sary et les secrétaires de zone, se réunissent à Kampong Chhnang pour finaliser la prise de Phnom Penh. Au même moment, les divisions khmères rouges de la zone Nord, de la zone Sud-Ouest, de la zone Est et de la zone spéciale convergent vers la capitale et l’encerclent32.

    KHMERS ROUGES

    RÉPUBLIQUE KHMÈRE

    Rapport de Sak Sutsakhan, « La République khmère en guerre et l'effondrement final » (E3/4534), ERN 00495748